____________________________________ ►L’origine du nom « Pleuven »
« Peulven » ou « peulvan » signifie littéralement « pieu de pierre » en langue bretonne. Ce sont très clairement les pierres levées par nos ancêtres du Néolithique qui étaient ainsi désignées. Dès lors, l’idée d’envisager le nom de la commune de Pleuven comme une mutation de ce terme ancestral est très séduisante. Or, il semble que cette ressemblance orthographique soit purement fortuite. En effet, en 1402, un territoire beaucoup plus vaste couvrant notamment l’actuelle commune porte le nom de Ploeguen : « ploe » = paroisse et « guen » en référence à Saint-Gwenn. ►Les oubliés de « Coat Men Hir » Est-il possible qu’il n’y ait jamais eu de menhirs à Coat Men Hir ? À ce jour, aucune trace dans les archives disponibles, aucune photo, aucune mention dans les inventaires ! Seul le nom du lieu tente encore de maintenir dans notre mémoire collective un souvenir quasiment effacé. Des anciens, dit-on, évoquaient la destruction de grosses pierres gênantes pour les labours. Voilà qui constituait de biens minces indices pour entreprendre des recherches.
Tout d’abord, que peut signifier la dénomination de ce lieu ? Ce serait aller vite en besogne que de traduire le nom du lieu par « bois du menhir ». Considérons d’abord que le terme de menhir est un néologisme français qui remonte seulement à la 2e moitié du XIXème siècle. Or, le nom du lieu est antérieur à cette période. La traduction se réfère à la dénomination la plus ancienne connue ; à savoir « C’hoat Men Hir » = Bois de la Longue Pierre.
Restait-il des anciens capables de témoigner de la présence de menhirs dans le quartier ? J’ai eu la chance de rencontrer l’un d’eux. Au bout d’un chemin de terre, se trouve un ensemble de bâtisses anciennes : la ferme de Villeneuve. Corentin Le Floch m’accueille aimablement et, assez vite, la confiance s’installe. Il entreprend de me raconter quelques souvenirs de sa jeunesse. Il est né en 1924. Il avait dix ans lorsqu’il s’est installé avec ses parents à la Villeneuve. Il se souvient de durs travaux pour rendre des parcelles cultivables : défrichage de zones boisées et abattage de talus. Il me confirme qu’effectivement, certains détruisaient des pierres gênantes pour les labours. Il a vu lui-même un menhir debout qui devait mesurer entre deux mètres et deux mètres cinquante mais il ne parvenait pas à la situer sur la vue aérienne que j’avais en poche. Selon lui, ce menhir devait sa survie à sa modeste taille. On lui avait raconté que deux autres, beaucoup plus imposants, avaient été détruits au début du siècle. Paradoxalement, je dispose de deux témoignages quant à l’emplacement de ces deux pierres (zone rouge de la photo ci-dessous). D’autre part, en 2004, des fouilles archéologiques sur ce lieu ont mis à jour de nombreuses structures funéraires datées de la protohistoire. La vue satellite ci-dessous nous montre la zone couverte par ses fouilles. Bien que cette période soit postérieure à celle des menhirs, un lien entre les deux types de monuments n’est pas forcément à exclure. Pour plus de précisions, se référer à l’article d’Éric Nicolas et Eddy Roy publié dans un bulletin de l’association Foen-Izella. Image de la zone couverte par les fouilles archéologiques de 2004 ►Menhir du Moulin du Pont : le survivant !
Dans la petite bourgade du Moulin du Pont, certains viennent encore faire quelques courses mais bien souvent, ils n’ont pas vu qu’ils passaient au pied d’un menhir de 2,70 m de haut ! Même le département d’archéologie a omis de transmettre une demande d’inscription aux monuments historiques. Il figure cependant à l’inventaire des mégalithes de Bretagne. Nous pouvons avancer deux raisons à l’étonnante discrétion du monument. Tout d’abord, l’absence d’espace autour du monolithe n’invite pas le passant à le considérer comme un élément remarquable de son paysage. Ensuite, la nature de sa roche (grains de quartz insérés dans du grès siliceux) évoque davantage le béton que le noble granit. Cet aspect peu esthétique ne capte pas le regard. Il est à noter qu’un mystérieux cromlech se serait trouvé non loin de ce menhir. Nous avons quelques lignes qui nous permettent de penser que cette sépulture mégalithique a bien existé.
Le chevalier de Fréminville, personnage singulier, n’était pas connu
comme spécialiste des mégalithes mais plutôt comme savant généraliste.
Lors de son passage à Pleuven en 1835, il nous écrit ce passage qu’il convient de considérer avec prudence. 
Document antiquités du Finistère, volume II, page 516 La symbolique du blason de Pleuven révèle que les ronds jaunes qui l’encadrent font référence aux dix pierres de 2 à 3 mètres de haut composant ce cromlech. Cependant, l’élaboration de ce blason s’appuie sur les écrits du chevalier de Fréminville et ne constitue donc pas un autre indice. |  |
L'inventaire de la société archéologique du Finistère daté de 1876
confirme les observations de Fréminville en reprenant d'ailleurs son hypothèse de cromlech.
►D’autres menhirs disparus
La société archéologique du Finistère recense également dans cet inventaire l’existence d’un menhir mais il ne s’agit pas de celui du Moulin du Pont. La hauteur ne correspond pas et le trou rectangulaire percé à son sommet ne semble pas exister.
D’autres bulletins de cette même organisation des années 1907 et 1908 suggèrent même qu’il y aurait eu trois menhirs et même davantage…
- Tout ceci fait de Moulin du Pont un site à haut potentiel mégalithique. Les observations faites sur place permettent de constater la présence de nombreux blocs rocheux.
Un archéologue averti pourrait peut-être encore y déceler quelque richesse néolithique. Une curieuse coïncidence Le creusement de fondations à Moulin du Pont a nécessité l’évacuation de blocs de pierre.
Les sociétés propriétaires ont eu la bonne idée de les utiliser comme pierres d’ornement en les érigeant en menhirs pour certaines d’entre elles. On doit se trouver approximativement sur les lieux du mystérieux cromlech ! M. Le Goffic, l’archéologue départemental, est formel : ces roches trouvées à une profondeur d’environ seize mètres
ne peuvent avoir été utilisées comme pierres levées au néolithique. Comme concluait Raymonde Le Page dans son article paru dans un bulletin de Foen-Izella, ne s’agit-il pas finalement de « faux vrais menhirs » ?

Les nouveaux menhirs du Moulin du Pont ! |
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Vue aérienne de Moulin du Pont avec son menhir et ses "pierres d'ornement". Retour à la page d'accueil |