Le polder et la dune de Mousterlin à Fouesnant les Glénan _____________________________________________________________________________________________________________ Pour commencer, j'ai choisi de vous montrer quelques photos d'une Libellule nommée "Agrion de Mercure" qui a choisi de se reproduire autour de la fontaine de Kerbader, seul lieu connu en Bretagne. Celle-ci fait l'objet d'une protection attentive des spécialistes. Photos Patrick ArnoultRosemonde nous permet de découvrir ce canard à bec bleu qui porte le nom d'"Érismatus" qu'elle a photographié dans les marais de Mousterlin pour notre plus grand bonheur. L’érismature rousse est un canard plongeur brun au bec bleu de la famille des Anatidés. Il possède la particularité de préférer plonger ou fuir à la nage en cas de danger plutôt que de fuir à tire d'aile. Cet oiseau de la même famille que les oies, les cygnes et les canards niche principalement dans l'ouest du Canada et dans certaines zones du Québec. Le drame de cette oiseau en Europe est qu'il représente un danger pour sa cousine l'érismature à tête blanche qui est en voie de disparition en Europe à cause du recul des zones humides. En effet, les érismatures rousses s'accouplent avec les érismatures à tête blanche et risquent d'accélérer le processus d'extinction de la race. En 1949, trois couples d'érismature rousse ont été introduits en Angleterre en 1949. Ils se sont échappés du centre ornithologique se sont multipliés en Grande bretagne puis dans les autres pays d'Europe.  |  | Photos Rosemonde GonzalezEn l’espace d’une cinquantaine d’années, le paysage situé à l’Est de la Pointe de Mousterlin a radicalement changé. Le polder s’est substitué au marais littoral. Mais, le 28 décembre 1926, le Préfet du Finistère accorde une concession d’endigage à M. Bénac. Dix ans plus tard, la fermeture totale est réalisée et quelques 120 ha de palud se trouvent soustraits à l’influence directe de l’eau de mer. A l’époque, M. Bénac fait indéniablement preuve d’un réel esprit d’entreprise et d’un goût du risque non moins développé. Conquérir plus de 120 ha de terres au profit de l’agriculture alors que la moyenne des propriétés du canton tourne autour de 4 ha s’avère une bonne opération. En fait, si M. Bénac fait figure de pionnier à Fouesnant, il est le continuateur de la gigantesque entreprise de conquête des hommes sur les marais littoraux depuis le XIème siècle (Dol, Marais Poitevin...). Différentes digues témoignent de cette entreprise progressive de conquête du marais littoral. Propriété du Conservatoire du Littoral depuis 1982, le polder de Mousterlin est géré par un garde à la charge de la Commune de Fouesnant. Cette acquisition a permis d’entreprendre des travaux sans lesquels le site serait devenu un maquis inextricable de saules. Drainer et éclaircir la végétation ont donc été les tâches prioritaires pour recréer le paysage. Plus récemment, et compte tenu des dégats occasionnés par l’ouragan de 1987, des plantations ont été effectuées. Actuellement, l’entretien est partiellement assuré par pâturage grâce à quelques poneys venus... de l’île du Loc’h aux Glénan. Le Conservatoire a choisi de laisser fonctionner le polder comme il y a quelques années, quand l’eau de mer rentrait naturellement du fait de la vétusté des vannes. La lagune saumâtre fait fonction de nurserie pour les poissons et certains crustacés. Des zones de pêche autorisée existent depuis quelques années. Elles sont gérées par la Société de Pêche de Quimper et présentent l’originalité d’offrir à la fois des poissons d’eau de mer et d’eau douce. Photos : Nicole Le Page.Une flèche littorale, symétrique à celle de la Mer Blanche s’étirait vers l’Est, c’est-à-dire vers la Pointe de Beg-Meil. En 1840, le goulet qui laissait entrer la mer se situait à l’extrémité Est du cordon, à hauteur du lieu-dit le Vorlen. Il s’est ensuite déplacé vers l’Ouest pour se situer à Cleut-Rouz en 1903, puis à Mousterlin vers 1913. En quelques dizaines d’années, le goulet est donc passé d’une extrémité à l’autre, certainement sous l’effet d’une modification de la direction des houles. A cette époque,ce marais littoral présente les mêmes caractéristiques que celui de la Mer Blanche.  |  | Photos : Nicole Le Page Le dernier ouvrage, terminé en 1930 est la digue dotée d’un grand système de vannes qui se trouve à Mousterlin, à l’ancien endroit du goulet. Les saules ont effectué une conquête rapide du milieu puisqu’en 1954, le polder était pratiquement nu si l’on excepte une barrière de peupliers et de grands pins au pied du cordon littoral. En arrière, le paysage était surtout marqué par un impressionnant semis de pommiers à cidre. L’écran des saules s’étiole progressivement pour laisser la place à une belle phragmitaie. La phragmite est un roseau des marais et des fossés utilisé pour faire les toits de chaume. Les saules, phragmites, pins et chênes se sont donc rapidement substitués aux prairies humides..Photo : Nicole Le PageLe marais est une serre à forte productivité végétale . Outre les plantes du schorre, le phytoplancton, comparable à l’herbe des prairies, est au départ des chaînes alimentaires. Il se développe à merveille sur les marais littoraux car, en sus du gaz carbonique indispensable à la prospérité des végétaux, les trois éléments (sels minéraux nutritifs, énergie lumineuse et température) nécessaires à la vie se combinent au mieux. Ainsi, pendant les 3 ou 4 heures où la Mer Blanche est remplie, le plancton se développe et, à marée descendante, il va enrichir les eaux côtières. Le marais est un "self-service" bien garni. Pendant la marée montante, c’est l’heure du repas pour le zooplancton qui vient "brouter la prairie flottante", mais aussi pour les céphalopodes (calmar, seiche) ou les jeunes poissons (sardines, anchois, maquereaux...) qui mangent aussi bien le phytoplancton que le zooplancton. Les poissons plats, mulets, bars ou daurades trouvent également leur bonheur, au ras du sol, en se nourrissant de toute la faune sortie du sable ou de la vase dès que la mer arrive. Le marais est un abri. Les alevins sont dans les chenaux du schorre où ils montent avec la marée. Le risque pour eux est de rester bloqué à marée descendante dans une mare trop petite. Les nombreux oiseaux présents sur le site seront alors des prédateurs redoutables. Site officiel : /www.tourisme-fouesnant.fr/ Retour à la page d'accueil |