Qu’en pensez-vous ?Agriculture mar 23 février 2010 La centaine de serristes du Finistère consomme en chauffage l’équivalent de 100 000 habitants pour cultiver des tomates. Cette économie très dépendante du cours du pétrole cherche des alternatives. Et notamment la production d’électricité par cogénération pour réduire ses dépenses. Qu’en pensez-vous ? - Le groupement Savéol demande à l'État des mesures pour développer la cogénération (production de chaleur et d'électricité). Une façon de répondre aux pics de consommation d'électricité en Bretagne. Et de rentabiliser des serres très dépendantes des énergies fossiles.Source : Vincent MOUCHEL pour Ouest-France ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ On parle parfois de sources d'énergies conventionnelles, parfois de sources d'énergies fossiles. "Conventionnelle" indique seulement que ces sources énergie sont très largement exploitées sur la Terre et qu'elles constituent ainsi les ressources de référence. Par contre, "fossile" a un sens très précis. Les sources d'énergies fossiles sont celles qui sont issues de la fossilisation de matière organique dans le sous-sol terrestre. Le mot "fossile" est plus souvent rattaché à des animaux ou des plantes qui ont laissé leur empreinte dans la roche ou sont eux-même devenus pierre. La fossilisation est un processus lent qui a progressivement minéralisé ces squelettes, ces coquillages ou ces fougères qui vivaient au temps des dinosaures (et même avant). Mais ces processus géologiques lents se sont aussi appliqué aux fonds marins où des forêts entières avaient été englouties. Ils ont mené à la formation de ce que nous connaissons aujourd'hui sous les noms de charbon, gaz naturel et pétrole. Ces substances sont du concentré d'énergie chimique, c'est pourquoi ils sont tant exploités à notre époque. Pour reprendre la terminologie vue précédemment, les énergies fossiles sont des sources d'énergies : Primaires : Il s'agit bien de "sources" d'énergie que l'on va puiser dans le sol Nobles : Il s'agit d'une énergie chimique. Non-renouvelables : Les stocks souterrains d'origine géologique ne se renouvellent pas. Leur exploitation les épuise peu à peu. |
Parce qu'elles sont nobles et non-renouvelables, ces sources d'énergie sont précieuses pour l'humanité. On verra ultérieusement pour quelles raisons il est important de ne pas les gaspiller. Les trois articles suivants vous présentent très schématiquement ces trois sources d'énergie. Il existe deux familles de charbon : le charbon "de bois" et le charbon "de terre".
Le charbon de bois n'a rien d'une énergie fossile. C'est du bois transformé en charbon par un procédé thermo-chimique, appelé carbonisation, qui consiste à chauffer fortement le bois à l'abri de l'oxygène. L'intérêt de ce traitement est de concentrer l'énergie puisque le charbon résultant de l'opération est beaucoup plus léger et moins volumineux que le bois d'origine. Ce charbon est donc renouvelable et ne provient pas du sous-sol terrestre. C'est grace à lui que la métallurgie a pu se développer dès l'Antiquité. Il est encore produit artisanalement dans de nombreux pays, notamment tropicaux.
Le charbon dit "de terre" n'est rien d'autre que le charbon fossile. Il existe plusieurs sortes de charbons, selon le degré de transformation atteint. On les distingue par leur teneur en carbone et leur pouvoir calorifique Le pétrole est un liquide visqueux qui tire son nom du latin petra - oleum : l'huile de roche. Sa couleur lui vaut le surnom d'or noir. Connu depuis la nuit des temps, il a d'abord été utilisé pour le calfatage des embarcations puis comme lubrifiant et comme carburant d'éclairage (lampes à pétrole, torches). Ce n'est qu'à partir des années 1860 environ que l'on commence à rechercher le pétrole, en Allemagne et surtout aux États-Unis d'Amérique. Le développement de l'exploitation des différents gisements pétroliers et de la pétrochimie ont progressivement permis l'avènement de l'ère de l'automobile et de l'aviation, bref du moteur thermique, mais aussi l'ère des matières plastiques.
Au début du XXIème siècle, le pétrole représentait environ 40% de la consommation mondiale d'énergie. Ce que l'on désigne sous l'expression gaz naturel est un gaz hydrocarboné provenant du sous-sol terrestre. Comme le pétrole et le charbon, il est d'origine fossile. Composé en grande majorité de méthane (CH4), le gaz naturel libère son énergie chimique par combustion en émettant relativement peu de substances polluantes. Ses gisements sont souvent liés à ceux du pétrole et l'exploitation de champs pétrolifères amène généralement à une production simultanée de pétrole et de gaz naturel. Cependant, ce gaz a longtemps été torché, c'est-à-dire brûlé sur place. Pourquoi ? Simplement, parce que capter et transporter ce gaz vers des zones de consommation était techniquement et surtout économiquement peu intéressant par rapport au pétrole.
Historiquement, l'utilisation du gaz naturel fut initialement limitée à l'éclairage, en complément du gaz manufacturé (issus du charbon, cf. plus haut). Le gaz naturel n'était guère consommé qu'à proximité de ses lieux de production. L'accroissement de l'usage du gaz naturel s'est accéléré après la deuxième guerre mondiale en raison du développement des infrastructure de transport, puis à la suite des chocs pétroliers des années 1970. Au début du XXIème siècle, le gaz naturel représentait entre 20% et 25% de la consommation mondiale d'énergie. Source : thiers.stephane.free.fr/ ___________________________________________________________________________________________________________ Les serres consomment en chauffage l'équivalent de 100 000 habitants ! Pour atténuer leur dépendance au cours du pétrole, les serristes voudraient produire de l'électricité. Choc thermique à Guilers, près de Brest. La serre de David Potéreau flirte avec les 20 °C, contre 2 °C dehors. La chaudière tourne plein gaz. Bienvenue dans le monde de la tomate hors sol. À l'heure du réchauffement climatique, comment justifier qu'on puisse ainsi chauffer 28 000 m2 (quatre terrains de foot), couverts de simple vitrage, quand les normes d'isolation se font de plus en plus drastiques pour les habitations ? Exit les 30 cm de laine de chanvre au plafond ! Ici, priorité à la lumière. Hiver rude ou pas, quand on veut manger des tomates toute l'année sans les importer par avion, on réchauffe aussi les goélands. Une serre consomme 300 kilowatts heure par mètre carré par an. Le Finistère compte 200 hectares de serres. Il faut donc 600 000 mégawatts heure par an. L'équivalent de la consommation en chauffage de 100 000 habitants ! 40 % d'économie d'énergie Et encore, la centaine de serristes, déjà très économes en eau et pesticides, a fait des progrès. D'abord en revenant à des espèces plus « rustiques » supportant 14 °C de température minimale contre 16 °C avant. Côté isolation, un film plastique spécial est désormais tendu au-dessus des cultures de façon quasi-hermétique. Au total, c'est 40 % d'économie d'énergie. Tout juste de quoi contrecarrer « les hausses brutales de tarif d'énergie » ces dernières années, selon David Potéreau, en charge des questions d'énergie dans le groupement Savéol. Mais la facture de gaz naturel pèse encore 18 % dans le budget de David Potéreau. Hiver très rude aidant, sa consommation a bondi de 6 % cette année. Le gaz vient par gazoduc de Montoir (Loire-Atlantique) où il a été acheminé d'Algérie par bateau. « Si le tarif monte encore, cela va devenir insoutenable », s'inquiète le maraîcher. Des essais sont faits sur des chaufferies bois ou des pompes à chaleur. Mais « l'énergie fossile reste ce qu'il y a de moins cher ». Certains tournent au fioul, d'autres au charbon. À Briec, la chaleur de l'incinérateur Savéol milite en faveur de la cogénération. En gros, les serristes deviendraient à la fois producteurs d'électricité et de chaleur comme c'est déjà le cas au Gaec Pouliquen de Gouesnou. La centaine de producteurs pourrait ainsi alimenter l'équivalent de 55 000 foyers (hors chauffage électrique). Mais le rachat par EDF à tarif majoré, comme pour l'éolien ou le solaire, est limité à l'hiver. Pas suffisant selon David Potéreau pour rentabiliser chez lui un investissement de 1,2 million d'euros. « En Hollande, les coûts de production sont d'un tiers inférieurs grâce à cette technique », a expliqué Thierry Merret, au nom du syndicat FNSEA. Pour l'instant, l'état reste sourd aux appels. A 34 ans David Potéreau, sait que dans ces conditions, « à terme, la chaudière gaz ne sera pas viable ». Pour l'avenir, il investit dans 7 hectares de serres qui vont bientôt pousser autour de l'incinérateur d'ordures ménagères de Briec. La chaleur créée par la combustion des déchets y chauffe, ici encore, les goélands. Bientôt, elle va faire pousser des tomates. Une solution qui ne sauvera pas tous les serristes. L'idée géniale reste à trouver. Source : Sébastien PANOU - Ouest-France -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Revenir aux fondamentauxde Kerlann Michel | lundi 05 avril 2010 En Bretagne les légumes c'est patates, choux poireaux, choux-fleurs, salades et oignons de Roscoff. Avec ça, on mange du cochon, du poulet, du boeuf et du poisson ou crustacés, avec la mayonnaise.La tomate peut servir dans certains plats, mais c'est un légume mexicain, donc tropical et donc coûteux à produire ici, car on doit chauffer. D'où les serres, énormes, allumées, chauffées qui grèvent terriblement le budget énergie local.. Et qu'on ne nous raconte pas qu'en rasant les talus on aura le bois combustible nécessaire à la tomate !Pourquoi ne pas revenir aux fondamentaux avec les fantaisies saisonnieres, la fraise de pleine terre par exemple est complètement acceptable à l'opposé des serres à tomates. Cogénération et CO2 dans les serresde Huet serge | mercredi 31 mars 2010 Pour avoir calculé,dimensionné, proposé et réalisé des solutions de cogéneration à des serristes (et à d'autres industries), l'opération s'avère particulièrement rentable avec un temps de retour très rapide (3 à 4 ans maximum) au prix du gaz près. Donc très rentableLe problème se situe au niveau de l'investissement que les serristes hésitent à mobiliser. Pour moi c'est leur problème et surtout pas celui de l'Etat sous forme d'aideQuand au forcage par le CO2, on voit déjà des installlations qui fonctionnent sur groupe électrogène à l'année sur lesquels on installe une récupération du CO2. Bravo la pollution de la planète.On peut toujours se demander comme on peut être rentable en Bretagne contre les produits du Marmandais ou de Provence qui, utilisant les mêmes techniques, ont les mêmes contraintes françaises. Gaspillagede Michel alain | lundi 29 mars 2010 C'est un véritable gaspillage d'énergie que de cultiver des tomates sous serre chauffée aux énergies fossiles. Ces tomates ne sont pas indispensables à notre alimentation quotidienne, leur culture produit une pollution supplémentaire. et il faut souhaiter que la taxe carbone tant attendue régulera ce genre d'ineptie. Faut supprimer les fruits et légumesde reitop dnomyar | mercredi 17 mars 2010 Hors saison trop chers et trop coûteux au prix de revient, de plus en été les fruits et légumes restent aussi chers,par habitude , à cause de cette culture hivernale. Energie fossile, le patrimoine de l'humanité dilapidé, tel le feu dans un champ de blé !de Patrig Kemener | lundi 01 mars 2010 Il existe des alternatives. L'université de Genève a publier sur son site (google peut vous guider facilement, eh oui!) des études et des analyses de mesures sur des prototypes de serres innovantes, comportant entre autre des systèmes de récupération et réserve d'énergie basée sur les différentiels de température de jour/nuit.Il faut obligatoirement sortir des chemins qui semblent tous tracés, cela prendra du temps, c'est aussi la raison qui devrait nous guider et qu'il faut s'y atteler dès maintenant.Pour le reste, d'un point vue moral, comment admettre que nous tous pleurons sur le sort des Haïtiens, tout en étant capables de considérer normal de consommer des tomates produites à renfort et surconsommation d'énergie fossile, dont le principal défaut qui a été imposer par la finance internationale, est qu''il n'a jamais été vendu à son juste prix ! Nos enfants dans 100 ans, n'auront probablement pas le droit à profiter des merveilles de ce soleil carboné depuis des millions d'années ! Au nom de quoi, pouvons nous leur imposer cela ?Si le recours aux énergies renouvelables pour 100% de nos besoin reste à ce jour une utopie, il n'en est pas moins vrai que de produire ainsi des denrées alimentaires, n'est que pure folie !Pour s'en rendre compte, seul un bon dans l'histoire, et si elle n'est pas finie, pourrait convaincre les consommateurs de cette hérésie. Une aberration totalede simon | jeudi 25 février 2010 Cet article illustre très bien le délire dans lequel se fourvoie l’agriculture productiviste.200 ha de serres = conso de chauffage de 100 000 habitants ? !Un incinérateur n’est déjà pas écologique !Il faut savoir faire des choix dans sa consommation, et définir des priorités. Il y a des fruits et légumes d’hiver, et d’autres de l’été. Plutot que d’investir dans leurs chauffages, il serait plus judicieux de communiquer pour inciter les finistèriens à consommer des légumes de saison fabriqués chez eux.C’est révoltant d’imaginer qu’on chauffe des tomates et qu’on laisse des humains dans le froid de la rue. Nostalgie ?de KERBRAT François | jeudi 25 février 2010 J’ai été producteur de tomates en plein champs pendant 15 ans. J’ai arrêté en 1991. Les consommateurs ne voulaient plus de nos tomates car elles n’étaient pas ceci ou n’étaient pas cela.En clair elles n’étaient pas aussi jolies que les tomates de serre. Ce que je peux vous affirmer c’est qu’elles n’étaient pas exemptes de produits phyto-sanitaires, loin s’en faut.Et depuis je produis des tomates de serre avec les moyens les plus modernes pour faire un produit de très belle qualité avec beaucoup moins de produits phyto-sanitaires, mais plus d’énergie fossile c’est vrai.Mon expérience me permet d’affirmer qu’il n’est pas possible de faire des tomates de valeur marchande loyale et saine à la fois sans traitement phyto et sans chauffage.Nous avons fait le choix de privilégier un produit sain quitte à le chauffer pour éviter les maladies.Les donneurs de leçon feraient bien de retourner quelques années en arrière pour comprendre aujourd’hui. Source : www.ouest-france.fr/ Retour à la page d'accueil |