Avec un nouveau rebondissement ces derniers jours puisque les trois scientifiques qui ont analysé les résultats de l'autopsie réalisée à la suite du décès de Thierry Morfoisse _____________________________________________________________________________________________________________________ Un chauffeur costarmoricain victime d'un infarctus après avoir déchargé des algues vertes en juillet – sont arrivés à la conclusion que le gaz dégagé par les algues en putréfaction et inhalé par la victime sont à l'origine de sa mort de manière "quasi certaine".Un épineux problème. Agriculture, environnement, qualité des eaux, santé... le dossier des algues vertes empoisonne le littoral breton depuis maintenant plus de 30 ans. Et puis, l'année dernière, la mort d'un cheval, victime des émanations d'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en décomposition, réveille les consciences. Le gouvernement s'empare enfin de la question. Le 3 février dernier, un plan quinquennal de lutte contre les algues vertes est présenté en conseil des Ministres, un plan de 134 millions d'euros mais loin de faire l'unanimité. Car les associations écologistes, qui tirent la sirène d'alarme depuis plusieurs années, estiment ne pas avoir été entendues. Les agriculteurs auraient été ménagés par ce plan. Le plan algues vertes du gouvernement Ramassage et compostage: - prise en charge par l'Etat du ramassage en 2010 dans la limite de 700.000 euros - création de trois plateformes de compostage dans les Côtes d'Armor (Launay-Lantic, Lannion Trégor, Lamballe) pour traiter, avec l'aide d'une subvention de 8 millions d'euros de l'Ademe à partir de 2011, "l'ensemble des algues ramassées". En attendant, l'Etat prendra en charge 50% du coût du traitement transitoire des algues vertes en 2010 (500.000 euros) - appels à projets pour la collecte de lisiers et algues et leur traitement par méthanisation à partir de 2012. Sécurité sanitaire - établir avant l'été 2010 des "recommandations nationales de prévention à destination du public et des riverains" ainsi que des "recommandations spécifiques pour les travailleurs exposés lors de la collecte et du traitement".
Actions préventives - reconquête de zones naturelles avec maintien et réhabilitation d'une "part significative" des surfaces des baies et bassins versants concernés, avec une part de 20% dans la baie de Saint-Brieuc. Pour les autres baies, l'objectif sera fixé début 2011 pour un "retour au bon état des eaux littorales" d'ici 2027. - faire évoluer l'agriculture vers "des systèmes de production à très basses fuites d'azote" - mise en place d'une déclaration annuelle des quantités d'azote utilisées et échangées - contrôle dans les deux ans de toutes les exploitations concernées - limiter l'augmentation des apports d'azote organique et minéral. Les préfets seront invités à limiter les autorisations et les extensions d'installations classées Plan Algues Vertes: le "oui, mais" de la RégionLe président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian (PS), a estimé mardi que le plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes allait "dans le bon sens" sur certains points et que la région était prête à l'accompagner sous certaines conditions. "Il y a des points qui vont dans le bon sens" mais d'autres "restent à approfondir et nous sommes prêts à le faire ensemble" avec "des conditions", a déclaré M. Le Drian. "L'intérêt général de la Bretagne impose notre participation mais c'est du donnant-donnant (...). La Bretagne sera un partenaire, mais un partenaire exigeant", a-t-il ajouté. Au nombre des points positifs, le président de région a cité le fait que l'Etat "a pris la mesure de l'enjeu, du désastre environnemental, touristique et de santé publique" que constitue le problème de la prolifération des algues vertes sur certaines côtes bretonnes. Parmi les "insuffisances" du plan, M. Le Drian a souligné la nécessité de "réguler le marché du foncier". Une autre "insuffisance" porte, aux yeux de M. Le Drian, sur le mode de financement qui pourrait être élargi, notamment "en gérant autrement les aides de la PAC". "Il faut aussi réfléchir à l'utilisation de leviers fiscaux", a-t-il complété. L'environnement, sujet sensible pour les candidatsAlgues vertes et mauvaise qualité des eaux, déficit énergétique chronique, grand aéroport controversé, l'environnement est une thématique sensible pour les candidats aux régionales en Bretagne, où Europe Ecologie rêve de devancer à nouveau le PS, comme aux européennes. A gauche, la préoccupation environnementale est clairement affichée par le président sortant de la région, le socialiste Jean-Yves Le Drian, défié par Europe Ecologie au premier tour avant une fusion annoncée au second. Aux européennes de 2009, les socialistes se sont fait devancer d'un cheveu par Europe Ecologie, avec 17,70% des voix contre 17,95% aux Verts et à leurs alliés. Aussi, M. Le Drian a-t-il pris la peine de plancher début janvier devant quelque 250 militants ou sympathisants écologistes réunis sous le label "Bretagne Ecologie", en insistant sur le rôle de "région éco-pionnière", à ses yeux, de la Bretagne et en soulignant les efforts déjà réalisés en faveur des énergies renouvelables. "Bretagne Ecologie" lui a apporté son soutien, et deux conseillers régionaux Verts sortant, Marie-Pierre Rouger et Haude Le Guen, ont rejoint sa liste, se faisant du même coup suspendre des Verts. Mais M. Le Drian se garde tout de même d'emboîter complètement le pas aux écologistes: pour lui le plan anti-algues vertes du gouvernement va "dans le bon sens" sur certains points, alors que les défenseurs de l'environnement l'ont fortement critiqué. Il soutient également - quoique très discrètement - le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes dans la Loire-Atlantique voisine, repoussoir pour les écologistes. Son rival Guy Hascoët, tête de liste régionale d'Europe Ecologie, et ancien secrétaire d'Etat de Lionel Jospin, se prédit pour sa part un score "entre 15 et 20%". Les Verts, alliés au parti régionaliste Union démocratique bretonne, plaident pour une "reconversion sociale et écologique de l'économie" bretonne, avec redistribution du budget à la clé. Et à ceux qui affirment qu'une telle reconversion aurait un coût très lourd, surtout en agriculture et dans l'agro-alimentaire, socle de l'économie bretonne, Guy Hascoët rétorque que la Bretagne, dont les principales productions sont en crise, "a perdu 17.000 emplois agricoles ces dernières années". "On perd des emplois et on crée des problèmes", concluait-il, évoquant l'origine agricole de la prolifération d'algues vertes sur certaines baies. "Nous on prend le pari qu'on va créer plus d'emplois avec un modèle de qualité, avec le même argent public qui est dépensé chaque année", assure-t-il encore. A droite, la candidate de la majorité présidentielle Bernadette Malgorn met surtout l'accent sur le renforcement des liens entre université et entreprise, ou le désenclavement de la Bretagne centrale par un axe central à quatre voies. Mais la candidate UMP, qui fait figure de challenger dans une région désormais bien ancrée à gauche, prend tout de même la peine d'évoquer le nécessaire changement du modèle agricole breton ou le développement de l'éolien. "On est très convaincus de l'urgence écologiste", affirmait récemment l'ancienne préfète. "Mais ce n'est pas en décourageant ou en stigmatisant le monde agricole que l'on va y arriver", ajoutait-elle.
Source : ouest.france3.fr/info/bretagne/ - Par Nathalie ROSSI Retour à la page d'accueil |