Le plan ministériel « va dans le bon sens ». Jean-Yves Le Drian est prêt, sous quelques conditions, à travailler avec l'État. _____________________________________________________________________________________________________________________ Il considère que « nous n'en serions pas là aujourd'hui » si l'État avait accepté de déléguer à la Région la gestion de la qualité de l'eau en Bretagne. Jean-Yves Le Drian ne va cependant pas tirer à boulets rouges sur le plan algues vertes présenté par le gouvernement la semaine dernière. Le président socialiste de la Région trouverait même que ce dispositif « va dans le bon sens et présente plusieurs innovations positives ». L'État, estime-t-il, « a pris la mesure du désastre, il assume sa responsabilité, le plan présenté, en ne se limitant pas au curatif immédiat, constitue une réelle avancée ».
Jean-Yves Le Drian a bien noté qu'un comité régional de suivi du plan va se mettre en place. Il a aussi compris que les 24 millions d'euros par an promis par les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement pour traiter le problème des algues vertes sur deux bassins des Côtes-d'Armor, seront financés à hauteur de huit millions chacun, par l'État, l'Agence de l'eau et les collectivités territoriales, dont la Région. « S'il y a cofinancement, il doit y avoir copilotage. Nous sommes prêts à être partenaires, à condition que ce soit dans la transparence et une réelle coresponsabilité », assure Jean-Yves Le Drian.
Le président de Région a tout de même pointé « deux insuffisances » dans le plan ministériel. Le premier concerne le devenir du foncier agricole qui ne manquera pas d'être libéré par les nouvelles pratiques attendues : « Tous les agriculteurs ne pourront pas suivre. » L'intervention d'organismes fonciers comme la Sbafer ou Foncier de Bretagne seront nécessaires pour que ces espaces soient protégés.
Jean-Yves Le Drian s'interroge aussi sur la phase qui devra suivre l'expérimentation costarmoricaine. Celle-ci concerne deux baies et 2 000 exploitations pour un coût total de 134 millions d'euros. L'extension du programme aux huit baies bretonnes touchées par les marées vertes concernera 6 000 fermes. « On va changer d'échelle financière », prévient Jean-Yves Le Drian, suggérant que les fonds européens de la Pac devront être sollicités et réorientés.
Jean-Laurent BRAS - Ouest-France - 15 février 2010 - |