Alain Le Bellac, représentant la FDSEA, a affronté un public hostile qui, selon lui, stigmatise le monde agricole.
Samedi après-midi, une conférence concernant le sujet récurrent des algues vertes se tenait à l'Archipel, à Fouesnant. Le problème était, cette fois, pris dans son ensemble. _________________________________________________________________________________________________________ -
Qu'elle paraissait bien exiguë, samedi, la salle du Loch à l'Archipel. La conférence sur le délicat problème des algues vertes, organisée par l'Association de sauvegarde du Pays fouesnantais (ASPF), a été le reflet de l'intérêt porté par la population à un phénomène qui a pris, cette année, une ampleur insoupçonnée auprès du grand public. André Ollivro, cofondateur de l'association costarmoricaine «Halte à la marée verte», animait le débat. Celui qui sera peut-être bientôt élu «Breton de l'année» par les lecteurs du Télégramme a, en premier lieu, dressé un tableau des plus sombres sur la prolifération des algues vertes en Bretagne, et particulièrement dans les Côtes-d'Armor: des nappes phréatiques regorgeant de nitrates, principale source de la pollution, des risques sanitaires accrus avec les conséquences que chacun connaît, une absence d'implication de la part des pouvoirs publiques et, notamment, de l'État.
Le productivisme agricole dénoncé
Au banc des accusés, le monde agricole et son productivisme avec des élevages intensifs qui créent une surcharge de nitrates. «Pourtant, je ne pointe pas les agriculteurs du doigt. Les hommes ont été contraints à cette pratique et sont victimes d'un processus enclenché en 1944 avec le Plan Marshall. Aujourd'hui, il existe un pacte paysan pour un retour à la normalité du poids de l'azote dans les terres». Le combat mené par André Ollivro, ses camarades et de nombreuses associations environnementales, telles que l'ASPF ou Eaux & Rivières, n'est pas resté vain. Après une première condamnation en 2007, l'État vient de voir son appel rejeté et devra désormais s'impliquer dans la gestion et le coût des algues vertes (ramassage, traitement), mais également dans une lutte active et efficace contre leur prolifération en préservant, par exemple, les zones humides.
L'État financera
«Concernant les bassins versants, c'est aux élus du territoire de se prendre en charge, mais le financement, c'est l'État! Il ne faut toutefois pas être morose, il y a de l'espoir, poursuit André Ollivro. Selon le Conseil scientifique de Bretagne, référence en la matière, la réversibilité du phénomène est envisageable. Une période de 10 à 15 ans est ainsi évoquée pour un retour à une situation saine. Mais il faut aller vite et éviter, entre autres, de remettre les algues vertes sur les champs». Personne ne se voile pour autant la face : le coût de la reconquête de l'eau sera élevé et le champ d'actions des plus vastes. Le Télégramme - 23 décembre 2009-
|