Vendredi, l'association des Amis de Kerbader inaugurait les nouveaux vitraux de la chapelle. L'achèvement de l'ouvrage du vitrier Charles Robert marque également la fin de la restauration du bâtiment, après vingt années de travaux.
Ils étaient tous là, les bénévoles de la première heure, de Corentin Le Douce à Eugène Le Goardet, en passant par Jean Nédélec, Jean Toux et bien d'autres. Ils étaient bien présents, pour refaire les joints extérieurs sous les toits dégoulinants, rappelle le président Gildas Cornec. Car la réfection de la chapelle a débuté par ces joints avant de se poursuivre par l'électrification, l'entretien des statues et bannières, le gros nettoyage et le crépi intérieur, le dallage, et enfin, la restauration à l'identique des vitraux. Un travail de longue haleine qui débouche sur un magnifique bâti, en premier lieu destiné au culte, qui se caractérise par sa chaleur, sa clarté et qui accueillera nombre d'expositions et de concerts, pour le plus grand plaisir des artistes et des spectateurs.
15.390 € pour les vitraux
Pourtant, ce chantier ne fut pas de tout repos, et particulièrement sa dernière étape. «Tout le monde n'était pas d'accord sur le projet des vitraux, poursuit Gildas Cornec. Il aura fallu des discussions parfois âpres pour aboutir à un accord». Le choix des motifs, des couleurs a animé de longues soirées du côté des Amis de Kerbader. Le montant des travaux de réalisation des six vitraux s'élève à 15.390 EUR. «Dont 1.899EUR payés par les Amis de Kerbader. Le solde a été financé par la municipalité et de généreux donateurs anonymes qui depuis plusieurs années déposent leur obole dans la fameuse boîte noire de la chapelle», souligne Gildas Cornec.
Un lieu chargé d'histoire
La chapelle de Kerbader fut bâtie aux XVIIe et XVIIIesiècles. On la surnomme «Notre-Dame des Neiges». Un avis que ne partage pas l'abbé Gaonac'h, abbé de la paroisse de Fouesnant. «C'est une traduction erronée du breton. Sa véritable appellation est, selon moi et beaucoup d'autres, Notre-Dame de l'Angoisse». Cet édifice religieux est chargé d'histoire et fut un haut lieu de la Révolution en Cornouaille. Le 8juillet 1792, Alain Nédelec, un agriculteur élu juge de paix en 1790 et qui refusait de se soumettre aux lois révolutionnaires, y réunit une centaine de paysans. Le lendemain eurent lieu des affrontements entre les paysans en révolte et la Garde Nationale qui s'achevèrent par la défaite des révoltés. Le Fouesnantais Alain Nédelec se fit alors arrêter. Il fut guillotiné le 20mars 1793 à Quimper.
Près de la chapelle, on peut admirer un véritable four à pain, qui donne désormais lieu à des festivités au mois de mai. Une fontaine de dévotion sort par ailleurs de terre non loin de l'édifice. On raconte que son eau donnait de la force aux jeunes enfants qui tardaient à faire leurs premiers pas.
Gildas Cornec et ses Amis restent persuadés de la présence d'un lavoir à proximité.
Source : Le Télégramme - 19 avril 2009
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