|
Les rendez-vous du samedi de Jean-Yves Le Dréau - N°256
Chaque samedi depuis le 22 mars 2008, sur le site internet de la ville de Fouesnant-les Glénan, Jean-Yves Le Dréau diffuse son billet d’humeur sur l’actualité de la commune. Coup de coeur ou coup de sang, les mots fusent sous la plume de celui qui fut correspondant local de presse pour le Ouest-France durant 20 ans.
Figure connue en pays fouesnantais, ses mots ne laissent pas indifférent
La fête des maires- 15/06/2013
Fouesnant l’a voulu, Fouesnant l’a eu. Quand, au Congrès de Pau, en 2011, Roger Le Goff, membre du bureau, propose d’organiser, après la parenthèse obligée de Paris, le congrès de l’Association nationale des stations classées et des communes touristiques, la surprise le dispute au scepticisme chez les responsables. Dans cet univers d’excellence qui suscite bien des convoitises, on est plus accoutumé à se retrouver entre soi dans les stations huppées de la Côte d’Azur ou des Alpes. Alors, vous pensez, Fouesnant. Si petit, si loin.
Mais le maire fouesnantais, porté par sa volonté de promouvoir sa région, n’en démord pas et sait se montrer convaincant. Il est vrai qu’il a des amis dans la place. A commencer par le président de l’association, Marc Francina, député-maire d’Evian. Alors, banco pour Fouesnant, banco pour la Bretagne. Et tout le monde de s’apprêter à prendre l’avion, le train, la voiture pour s’en aller à la conquête du far-west. Le bout du monde. Jamais un congrès ne fut préparé avec autant de minutie, autant de soin dans les détails. Vous comprenez… Avec ces petits qui veulent jouer dans la cour des grands… Et puis, imprévu, imparable, c’est le ciel qui tombe sur la tête de Géraldine Leduc, la directrice générale de l’association. Grève.
Les avions ne décollent pas, les trains ne roulent pas. Le congrès a du plomb dans l’aile. Les élus désemparés ne savent plus quelles bottes chausser pour être fidèles à leur rendez-vous annuel. Bien sûr, les voisins risquent moins de rester sur le bord de la route. Philippe Augier, maire de Deauville, en profite même pour faire un détour par Bénodet, histoire de se rappeler les vacances de son enfance. Quant aux élus des DOM-TOM, ils se sont envolés avant le chaos. Et la Guadeloupe, la Martinique, les Saintes sont parmi les premiers dans la salle de l’Archipel. Mais les autres… Alors, on assiste à des situations insensées. Le président Francina, après deux envols avortés, se résout à monter dans sa voiture à Lyon et à traverser la France : mille kilomètres et une arrivée à 3h du matin, jeudi, dans son hôtel de Mousterlin. Les maires du Sud parviennent à quitter Marseille et à gagner Paris pour prendre un train… qui ne part pas. Allons-y, pour la location de voiture, le covoiturage. Ce 83ème congrès, c’est vraiment la fête des maires.
A tous les égards.
Jeudi matin, miracle. Quand Roger Le Goff salue les braves, ils sont quelque 250 maires dans la salle du Centre des arts et des congrès. Ils sont venus de la Côte d’Azur (La Croix-Valmer, Cavalaire), des Vosges (La Bresse), de Lorraine (Nonsard), de l’Ardèche (Vogüe), des Pyrénées Orientales (Boulou), de Macon, de Pornic et d’ailleurs. Ils écoutent Marc Francina qui a la politesse de ne pas paraître fatigué et fait semblant d’oublier que le soir-même, il prendra, à nouveau, la route pour franchir les 1000 km qui le ramèneront à Evian. Dans la salle, l’atmosphère est studieuse. Les orateurs se succèdent sur la scène on évoque des sujets sérieux : la diminution des dotations d’Etat, l’érosion de la clientèle touristique, la baisse des recettes dans les casinos, la collecte de la taxe de séjour.
On affirme que le tourisme est une industrie à part entière et que cela justifierait un ministère à lui tout seul. Ah oui ! Au fait. Mais où est passée la ministre ? Où est Sylvia Pinel dont on avait annoncé la venue ? Son entourage a prévenu. Avec toutes ces grèves, vous comprenez, on ne décolle pas de Paris. Pas de train, bien sûr. Et puis vous n’imaginez pas une ministre faire tout ce trajet en voiture. Ce n’est tout de même pas une vulgaire présidente nationale d’association. Alors, on a le droit à la séquence « vidéo ». Sylvia Pinel, l’air pénétré comme cela sied à une ministre lit sur un prompteur le texte que lui a écrit un collaborateur de cabinet. Oui, le tourisme est très important pour le pays. Oui, on est à votre écoute. Moi je veux bien. Sauf que… Si la ministre n’est pas à Fouesnant, dit-elle, c’est parce qu’elle a été « retenue par d’autres obligations ministérielles » De toute évidence, le message a été enregistré avant les grèves. Dans la salle, on apprécie médiocrement et on compte les applaudissements. A l’heure de l’apéritif, le soleil, lui au moins, est fidèle au rendez-vous qu’il nous avait donné. Le bagad joue, le cercle danse. Les congressistes sont aux anges. Les dizaines de volontaires, marinières au vent, se dépensent sans compter, pour le bien-être des maires qui leur font l’honneur de venir leur rendre visite.
On évoque l’accueil, on devrait parler de disponibilité. Les Fouesnantais sont fiers d’avoir été retenus pour cette rencontre de prestige. Ils veulent s’en montrer dignes. Ils sont loin, très loin des désinvoltures ministérielles.
Les billets de Jean-Yves Le Dréau en 2013
Date de création : 29/01/2009 @ 19:22
Dernière modification : 15/06/2013 @ 12:15
Catégorie :
Page lue 5616 fois
Imprimer l'article
|
|