.Les origines du menhir
.Il est probable que les hommes du néolithique ne soient pas allés bien loin pour trouver la roche adéquate pour leur grand menhir. Il est tout à fait possible que le berceau du menhir du sémaphore se trouve seulement à une vingtaine de mètres à peine. Même si de nombreux rochers sont curieux sur cette pointe du littoral, une abrupte cassure a attiré notre attention au détour du sentier côtier. A côté, de multiples blocs rocheux jonchent le sable. Ils ont des arêtes bien nettes. Sont-ils des chutes résultant d’un travail de taille ? Les mesures effectuées sur place n’ont fait que renforcer les soupçons. Mais il faudrait maintenant confronter ces mesures avec celles enhir qui ne peuvent être estimées que sur la base des photos anciennes.
h► haut du menhir b► bas du menhir
flèche orange► hauteur de 5,50 m
flèche noire► base enterrée d'une largeur décroissante
flèche rouge► face 1 du menhir d'une largeur constante de 1,80 m
Ces trois clichés ont l'avantage de présenter le menhir sous tous les angles. Il semble bien qu’il ait 4 faces quoique la quatrième soit plus subtile : deux larges et deux étroites. Il nous semble aussi identifier l’une de ces faces dans la cassure rocheuse actuelle (F1), plus plane et d’une largeur compatible avec les mesures effectuées. Il s’agirait de celle qui faisait face à la mer.
S’il s’avère exact que la partie enterrée du menhir est bien celle que nous croyons ; cela nous en ferait un colosse aux pieds d’argile. La plupart des menhirs sont enterrés d’un bon quart de leur longueur. Or, nous serions ici à 20% environ avec rappelons-le une largeur décroissante…
Voilà qui expliquerait que les Allemands l’aient couché sans avoir à le dynamiter. .
D'autres menhirs à Beg-Meil
Voilà une question qui mérite d’être posée aujourd’hui tant le paysage fouesnantais s’est urbanisé. On ne peut dénigrer les efforts qui ont été faits pour la conservation du patrimoine historique. Mais cela n’a pas toujours été le cas et des investisseurs immobiliers sont toujours là pour guetter les opportunités dans la balnéaire station de Beg-Meil.
C’est ainsi que de nombreuses traces du passé ont dû disparaître. C’est pourquoi les rares témoignages qui nous restent sont précieux.
Fondateur du premier musée préhistorique de Bretagne à Pont-L’Abbé, Paul du Chatellier va parcourir le Finistère en tous sens, observer, fouiller, recenser, collectionner des objets néolithiques… Il nous livre quelques descriptions troublantes de la pointe de Beg-Meil vers 1880.
« Le grand menhir de Beg-Meil m’a paru être le plus au sud d’un alignement courant parallèlement à la côte de la baie de La Forêt et terminé au nord par un menhir planté juste au bord de la falaise. Les menhirs intermédiaires sont renversés. Quelques uns sont brisés. »
LE MENHIR DE LA BAIE DE LA FORÊT
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La première photo prise au début du XXème siècle nous montre effectivement le menhir planté au bord de la falaise décrit par P. du Chatellier. Celui que l’on appelait « le petit » par comparaison avec son grand frère de la pointe de Beg-Meil. Nous avons réestimé les dimensions de ce menhir à la hausse par une technique de report de segments sur le mur rocheux quasiment situé à la même distance de l’objectif du photographe. Sa hauteur devait avoisiner 4 m pour une largeur tout à fait impressionnante de 2,50 m !
Le second cliché nous resitue l’endroit tel qu’il se présente aujourd’hui. Le menhir qui devrait se trouver derrière le petit bosquet d’arbres a disparu. Bien difficile de dire ce qu’il est devenu… D’après Jean Le Foll, historien de l’association de Foen-Izella, il aurait été dynamité par les Allemands.
Dans l’éventualité d’un dynamitage, on devrait retrouver des fragments en contrebas sur la plage. Un difficile travail de comparaison des clichés n’a pas donné de résultat probant. Le niveau du sable a baissé d’une trentaine de cm et des roches affleurantes ou enfouies il y a 100 ans se trouvent nettement visibles aujourd’hui. Quelques fragments intéressants tout de même que nous aimerions pouvoir soulever pour tenter un assemblage !
UN MENHIR INTERMEDIAIRE
C’est dans le jardin de la belle propriété de la pointe de Beg-Meil que se trouve un autre menhir probablement relevé à la demande de M. LE PAGE, le précédent propriétaire des lieux.
Peut-être est-ce l’un des menhirs intermédiaires évoqués par Paul du Chatellier. |
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 | Voici les deux seuls clichés dont nous disposons aujourd'hui pour cette pierre "relevée".
On peut distinguer nettement sa forme ogivale et sa face taillée de peu de surface. Il est clair que ce dernier détail a son importance. La pierre était faiblement reliée au massif rocheux dont elle provenait ; ce qui la pouvait la rendre intéressante pour nos constructeurs de mégalithes. |  |
Or, justement, ce type de roche forgée par l'érosion éolienne se trouve précisément à la pointe de Beg-Meil.
LES MENHIRS DE L’ARGOAT FOUESNANTAIS
La pierre de Hent Ar Menez . Il y a une quinzaine d’années, dans un champ du lieu-dit Hent ar Menez, dans l’enceinte d’une colonie d’enfants, on pouvait encore s’étonner de la présence de cette pierre allongée. L’absence totale de roches aux alentours laissait penser que la pierre avait été transportée à cet endroit. Pour conclure que nous étions en présence d’un menhir, il aurait fallu trouver les pierres de calage. |  |
Sans doute un peu tard, le champ est aujourd’hui loti et la pierre aurait été transportée dans une autre propriété de Beg-Meil. D’autre part, le nom du lieu se traduit par « chemin de la colline (ou butte) ». Etant donné l’absence notable de relief à cet endroit, on peut imaginer que le mot « menez » désignait peut-être un monument funéraire de type tertre ou tumulus. |
Le menhir de Lanveur
 Au bout d’un improbable sentier embourbé et au milieu d’une lande en friche, se dresse le petit menhir de Lanveur. En contrebas, coule un ruisseau qui donne au site une douce quiétude. En tournant autour du monolithe, vous percevrez sans doute le profil d’un ours ! |  |
Cette œuvre néolithique d’une hauteur de 2,50m a été inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 1967 mais n’a pas été classée sans doute à cause de son environnement qui la rend peu accessible et donc rarement visitée. Ce statut lui procure tout de même une protection. .
Dans le ruisseau, un peu plus bas, se trouvent quelques pierres. Quoi de plus naturel !
Le lit se creuse et provoque leur émergence. Parfois, les hommes les ont mis là pour enjamber le ruisseau sans se mouiller les pieds. Poutant, nous les avons prises en photos, on ne sait jamais…
Documents : Arnaud Le Page.
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